Chez Papy II
Bienvenue sur le forum.
Enrégistrez-vous pour pouvoir accéder aux parties cachées aux visiteurs.

Véronique Genest: "le monde est devenu méchant et inutilement agressif"

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Véronique Genest: "le monde est devenu méchant et inutilement agressif"

Message par victor le Sam 14 Sep 2013 - 11:04

Véronique Genest: "le monde est devenu méchant et inutilement agressif"


Interview > Letizia Virone Publié le samedi 14 septembre 2013 à 09h06 - Mis à jour le samedi 14 septembre 2013 à 09h14

Après 22 ans de bons et loyaux services, Véronique Genest tire sa révérence.
Julie Lescaut et ses cheveux roux flamboyants ont marqué l’histoire du petit écran. Après 22 ans d’enquêtes, la policière a décidé de prendre sa retraite de la télévision. Véronique Genest, elle, s’en va vers d’autres projets. Interview d’une actrice qui n’a pas sa langue en poche !

Faire ses adieux à Julie Lescaut n’a pas dû être simple !

"Je ne le regrette pas. Il était temps que la série s’arrête. J’y ai passé de grands moments, mais Julie a vieilli. Moi aussi. Elle est à un âge où elle a envie de se tourner vers d’autres projets, tout comme moi. Le contexte a changé, la télévision et son public ont changé. Le moment était venu. Et puis, 22, c’est parfait comme chiffre pour un flic !"

Tout de même, le dernier jour de tournage a dû être très émouvant…

"Évidemment ! Cela fait plus de vingt ans qu’on travaille ensemble, qu’on se côtoyait au jour le jour. Les techniciens, les maquilleurs, les costumiers,… ils étaient tous devenus des membres de ma famille. Mais en même temps, je suis très heureuse de la manière dont les choses se terminent pour Julie. En douceur et en famille. J’ai poussé pour que cela arrive. Car, d’après moi, Julie est une mère avant d’être un flic. J’ai d’ailleurs toujours préféré jouer les scènes de vie privée que les moments d’enquête. Ça, c’était toujours un peu ch****. Je rigole ! Mais c’est vrai que c’est toujours un peu la même chose, ces parties-là." 22 ans pour une série, c’est long. Cela doit être une fierté pour vous, non ? "Bien sûr. En fait, j’avais envisagé d’arrêter il y a deux ans. Et puis, je me suis lancé le défi de continuer jusqu’au 100e épisode. Et je l’ai fait ! Le timing était parfait. Un ou deux épisodes de plus, ça aurait été trop. Parfois, je me dis qu’une bonne étoile veille sur moi, pour ce genre de décision."

Si on vous avait dit que la série allait durer si longtemps, il y a 22 ans…

"Je n’aurais rien pensé de spécial. Je n’ai jamais été du genre à m’inquiéter de ce genre de chose. C’est vrai que, très vite, TF1 a commencé à me parler de plusieurs saisons de 13 épisodes. Ils ont tout de suite vu très loin. Moi, je pensais que quelques épisodes suffiraient et que j’aurais ensuite l’occasion de parler des projets que j’avais dans mon sac. Je n’en ai jamais eu l’occasion."

Quand situeriez-vous l’âge d’or de la série ?

"Je dirais que cela a duré une dizaine d’années, de 1993 à 2005. On rassemblait alors près de 11 millions de téléspectateurs. C’était avant la prolifération de chaînes. Je n’ai rien contre la TNT, mais je trouve que créer des chaînes gratuites, ce n’est pas facile. Comment trouver les fonds pour proposer des émissions originales ? Ces chaînes sont souvent condamnées à recycler des vieilleries, et c’est bien dommage."
Vous avez vu énormément de jeunes acteurs passer par Julie Lescaut…

"C’est vrai, j’ai rencontré pas mal de jeunes talents. Certains avaient un don évident, une prestance. D’autres beaucoup moins. Pourtant, ce ne sont pas forcément les plus doués d’alors qui ont percé. Le métier d’acteur est parfois très injuste. Quand je vois que certains ont réussi alors qu’on avait tellement de mal à leur faire aligner deux mots sur le tournage !"
Avez-vous des séries de prédilection ?

"Je viens de me refaire l’intégrale de 24 heures : chrono. J’adore. Et puis, je suis une grande fan de Monk. Je trouve génial qu’un héros puisse avoir d’énormes défauts. Mais je ne pense pas que ce genre de personnage soit possible, en France. J’ai essayé de donner à Julie plus de défauts. Par exemple, je n’arrive jamais à retenir les noms. Sur le tournage, c’était devenu un gag. Je changeais systématiquement le nom des suspects, sans m’en rendre compte. À tel point que les scénaristes finissaient par changer le nom de leurs personnages, une fois que je les avais réinventés. Ce qui ne changeait rien puisque, la fois d’après, je les écorchais d’une autre manière. Bref, j’aurais voulu que Julie ait le même problème, je trouvais que cela aurait ajouté un côté comique au personnage. On ne m’a jamais laissé faire. Sur la fin, je me suis permise de le faire, de temps en temps. Je m’en foutais un peu de ne pas suivre les règles à la lettre."

Diriez-vous qu’en tant que mère, célibataire et femme de poigne, Julie Lescaut est une féministe ?

"Je n’utiliserais peut-être pas ce terme-là. Mais il est évident que c’est une personne libre et qu’elle ne se laisse pas faire sous prétexte qu’elle est une femme. En ce sens, elle n’est certainement pas macho, en tout cas."

Quand vous avez débuté Julie Lescaut, la télévision était considérée comme le parent pauvre du cinéma…

"Vous savez, je ne me suis jamais vraiment préoccupée de ce que les gens pensaient. Ils disaient qu’il était impossible de passer de la télé au ciné, que le théâtre n’avait rien à voir avec la télévision. Moi, j’aime ouvrir des portes. J’estime que le métier de comédien, c’est le métier de comédien même si le cadre est différent. Je n’ai jamais eu honte de travailler en télé, pas plus qu’ailleurs. Je pense qu’il faut arrêter les images préconçues sur telle ou telle partie du métier. Aux USA, ils l’ont compris. Beaucoup d’acteurs passent de la télévision au cinéma et vice-versa. Si on aime jouer, on aime jouer. Personnellement, je ne m’ennuie jamais, quand je joue. Dans une série, au fil des épisodes, on a le temps d’approfondir son personnage, de mieux le comprendre et le faire découvrir au public. Même au théâtre, où on joue les mêmes lignes pendant un an, on redécouvre à son personnage une nouvelle profondeur et on va plus loin encore dans l’interprétation. Donc non, je ne suis pas du tout blasée. Et je compte bien encore ouvrir des portes."

Vous êtes réputée pour votre franc-parler. Pensez-vous que cela vous ait desservi ?

"Je pense que cela ne m’a été ni bénéfique, ni désavantageant. Chaque qualité a son revers et l’inverse est tout aussi vrai. On ne peut pas plaire à tout le monde et, c’est vrai, je suis incapable de jouer à l’eau tiède en permanence. Parfois, on n’arrive simplement plus à se taire. Et, dans ce cas-là, je ne peux pas m’empêcher de dire ce que je pense. Certains adhèrent, d’autres pas. Ce qui est dommage, c’est que certains font exprès de mal comprendre ce que j’ai dit. Je trouve le monde agressif, parfois. Les réseaux sociaux en sont un parfait exemple. Il arrive qu’on ait envie de partager quelque chose qui nous a marqués. Ou de réagir à ce qu’on lit. Mais les passions se déchaînent tellement vite. Je prends un exemple : le fils de la ministre française des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, est en prison pour braquage et autres faits que je ne minimise absolument pas. Ce qu’il a fait est grave. Mais les réactions violentes que subit sa mère, ça, je ne le comprends pas. Je compatis de tout cœur avec cette femme. Une mère ne devrait pas être condamnée pour les actes de son fils. C’est en cela que je trouve que le monde est devenu méchant et inutilement agressif."

Source : La DH





avatar
victor
Fondateur
Fondateur

Nombre de messages : 5111
Emploi/loisirs : Retraité

http://papyforum.xooit.be/

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum