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L'Europe ? "Des incapables préoccupés par l'épaisseur de la tranche de salami"

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L'Europe ? "Des incapables préoccupés par l'épaisseur de la tranche de salami"

Message par victor le Dim 25 Mai 2014 - 13:58

L'Europe ? "Des incapables préoccupés par l'épaisseur de la tranche de salami"


LES FRANCAIS A LA VEILLE DU VOTE - MARSEILLE. Au Vieux-Port ou à l'usine Moulins Maurel : les Marseillais doutent de l'utilité de l'Europe.

"En 2002, je manifestais sur la Canebière contre Le Pen, mais cette fois, j’hésite", avoue Françoise, 62 ans, vendeuse dans le prêt-à-porter. A Marseille, tout près du Vieux-Port, là où se trouve la délégation de la Commission européenne (la seule en France avec Paris), l’Europe inspire surtout colère et déception.

L’Europe, à part nous faire plonger, elle nous a rien apporté de bon", grogne-t-elle encore. "Avant, on vendait des fringues fabriqués en Italie et en Espagne, aujourd’hui, tout vient de Chine et du Bengladesh. Je ne comprends pas. On a fait l’Europe sans construire de marché européen."

Résultat, cette année, Françoise pourrait opter pour "ceux qui sont contre l’Europe et pour la sortie de la zone euro". Et ainsi, voter pour la première fois pour le Front national. Avant de faire son choix, cette marseillaise prévoit de lire la tribune de Nicolas Sarkozy, publiée dans "Le Point" cette semaine. Et selon le propos, de se laisser convaincre... ou pas.

En face, Marie, 38 ans, un café dans une main et une cigarette dans l’autre, pense, elle, que l’Europe "c’est bien, mais ça manque de concret". Plus optimiste que sa voisine, cette directrice d’une société de transports touristiques, originaire des quatre coins de l’Europe, note qu’à Marseille, "la capitale européenne de la culture fut une réussite". "Sans cette manne économique, la ville n’aurait jamais lancé d’aussi gros travaux", dit-elle.

Quand on voit ce qu’il se passe avec la SNCM [compagnie maritime marseillaise, NDLR] qui va mourir parce que l’Europe lui réclame 400 millions d’euros...", rétorque aussitôt Françoise, agacée.

"A quoi ça sert de voter ?"

A quelques mètres, Philippe, 55 ans, le front mouillé par la chaleur des fourneaux, ne vote jamais aux européennes. "Ca tombe toujours le jour de la fête des mères", dit-il. Pour ce cuisinier, l’Europe c’est surtout un "gros bordel", "des incapables plus préoccupés par l’épaisseur de la tranche de salamis" et "complètement à côté de la plaque". Pourtant, Philippe rêve d’une Europe "unie" qui parlerait d’une "seule voix", notamment en ce qui concerne l’Ukraine ; une Europe qui formerait "sa propre armée". Et si en 2005 il a voté "non" à la constitution européenne, "c’est pas parce qu’[il] était contre mais parce qu’[il] n’y comprenait rien".

C’est depuis ce traité que Pierre, 73 ans, a, lui, décidé de ne plus voter aux européennes. Dernièrement, ce professeur d’anglais à la retraite a même déchiré sa carte d’électeur. "A quoi ça sert de voter si on ne tient pas compte de ce que l’on dit", lance-t-il. Alors qu’en 2005, le "non" à la constitution l’emporte à 54%, deux ans plus tard, Nicolas Sarkozy décide de ratifier le traité en passant par le Parlement.

[size=18]C’est pas la peine de voter, de toutes façon, ce sont les lobbies et les multinationales qui tiennent tout, même les présidents n’ont plus aucun pouvoir. Moi, je rêvais d’une Union de l’amour, solidaire, pas d’une Europe de l’argent."

Et la France dans tout ça? "L’Europe n’a fait que détériorer mon pays. L’éducation, l’industrie, le commerce, tout s’est écroulé. Si ça continue, on va devenir un pays du tiers-monde", s’alarme ce nostalgique de la France du général De Gaulle.

Son droit de vote, Benjamin, le serveur, compte bien l’utiliser, mais sans grande conviction. "Je vais voter centre droit plus par réalisme qu'idéalisme". "L’Europe, c’est devenu une usine à gaz, il n’y a aucune cohésion, chaque pays essaye de tirer la couverture à soi alors qu’il faudrait au contraire être uni contre les Etats-Unis", estime-t-il, préconisant un retour à l’Europe des six. A 28 ans, s'il ne semble pas inquiet pour son propre avenir, il l’est pour celui du pays. "Ceux qui ont construit l'Europe avaient une vision de ce que serait l’avenir pour leurs enfants. Mais nous, on est incapable de se projeter dans le futur, on reste passif et on regarde le chômage monter", soupire-t-il.

"Le savoir-faire français s'est barré à l'étranger"

Plus loin, à l’est de la ville, les salariés des Moulins Maurel tentent de poursuivre leur lutte. Depuis novembre 2013 et l’arrêt des machines, la moitié d’entre eux occupe jour et nuit les locaux. Depuis la fermeture de cette usine, spécialisée depuis 1860 dans la farine et la semoule, le chômage est devenu, pour ces ouvriers, une réalité. Un entrepreneur algérien a bien proposé de reprendre le site mais la direction a rejeté sa première proposition.

"Ca fait six mois qu’on occupe le site et on restera le temps qu’il faut pour sauver nos emplois, on est déterminé", lance Edouard Pagny, délégué CGT. "Les politiques pensent que les Français ne bougent jamais mais le jour où ils se rebellent, ils cassent tout", prévient-il. Il y a quelques jours, ce grand gaillard a déposé un dossier de contentieux auprès de la Commission européenne. Lui et ses collègues accusent le groupe Nutrixo, présent dans toute l’Europe, d’abus de positionnement dominante. En clair, ils le soupçonnent de vouloir fermer le maximum d’usines pour dominer le marché de la farine.

Dimanche, la plupart n’iront pas voter. Car pour eux, l’Europe est surtout synonyme de déclin et d’injustice. C’est le cas d’Alex, 42 ans, 14 passés dans cette usine. Ce Marseillais qui refuse de voir débarquer sur les chantiers des travailleurs détachés, a toujours rejeté la construction européenne. "Les patrons préfèrent licencier pour prendre des mecs de l’Est et le gouvernement laisse faire", soupire-t-il, les bras ballants. "Le savoir-faire français s’est barré à l’étranger. Regardez ce qu’il s’est passé avec Mittal et Alstom. Pareil avec l’euro, le coût de la vie a triplé mais les salaires n’ont même pas augmenté d’un quart." Si Alex fait partie des salariés qui ont, depuis la fermeture de l’usine, pu suivre une formation, il n’est pas certain de retrouver un emploi.


Feriel Alouti - Le Nouvel Observateur

Source : Le Nouvel Observateur[/size]



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