Chez Papy II
Bienvenue sur le forum.
Enrégistrez-vous pour pouvoir accéder aux parties cachées aux visiteurs.

Doit-on craindre une nouvelle ère glaciaire ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Doit-on craindre une nouvelle ère glaciaire ?

Message par Moïsette le Sam 7 Jan 2017 - 19:09

hello2 


Le risque d’un refroidissement majeur de l’Europe est-il sous-estimé ? C’est ce que laisse penser une récente étude scientifique américaine. Elle évoque la disparition totale d’un courant marin qui emprunte une partie du parcours du Gulf Stream, ce courant chaud à qui l’on doit notre climat tempéré. Décryptage avec Julie Deshayes, chercheuse au CNRS, spécialiste du sujet.

Pourquoi en parle-t-on ?
Dans un article publié, mercredi, dans la très sérieuse revue scientifique américaine Science Advances, le géophysicien, Yale Wei Liu, et ses coauteurs ont observé que le réchauffement climatique (augmentation de la chaleur et du CO2 dans l’atmosphère) risque de conduire au ralentissement, voire à la disparition totale, de l’Atlantic meridional overturning circulation, connu au plan international sous le nom d’Amoc.
Il s’agit d’un système aussi complexe que subtil censé exprimer l’effet de la rencontre entre les eaux chaudes et les eaux froides en tenant compte de données telles que la densité en sel par exemple. Selon Julie Deshayes, chercheuse au CNRS, spécialiste française de l’Amoc, « il n’existe pas de terme aussi pertinent en français. On parle de circulation thermohaline. Mais le mieux est de parler de circulation méridienne moyenne. » Quoi qu’il en soit, cette disparition, liée en partie à l’apport des eaux de fonte des glaces arctiques, pourrait avoir comme conséquence de refroidir considérablement l’Europe.
Cette étude est-elle crédible ?
« Compte tenu de l’expérience que ces chercheurs ont mené leur conclusion semble exact, explique l’experte française. Les chercheurs américains mettent en avant le problème de stabilité de l’Amoc formellement reconnu au plan international par l’IPCC, l’équivalent américain du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Mais il faut se méfier de la méthodologie utilisée », nuance-t-elle sans pour autant remettre en question le travail effectué. « Il faut bien comprendre que l’étude reflète une expérience surréaliste de ce qui se passerait dans le climat futur ? Il ne faut pas la prendre au pied de la lettre », prévient la spécialiste dont les travaux contribuent aux recherches menées par le Giec.
Comme très souvent en sciences, les chercheurs explorent une incertitude reposant sur la comparaison d’une trentaine d’expériences différentes. On parle de modèles. « On regarde comment ces modèles se comportent par rapport à des contraintes semblables. L’idée est de dire : si jamais il y a quelque chose qu’on observe dans un modèle que l’on n’observe pas ailleurs, c’est peu probable que ça se réalise dans le futur. En revanche, si cela se produit dans chaque modèle, il y a des chances que cela se réalise. » C’est la méthodologie qui a été utilisée par les Américains.
Quelle est la différence entre l’Amoc et le Gulf Stream ?
« D’abord, le Gulf Stream en anglais, c’est Gulf stream en français, précise Julie Deshayes. C’est un courant qui est forcé par le vent. Le vent, c’est les alizés et les vents d’Ouest qui sont présents parce que la Terre tourne. Ça crée une circulation de courants qui tournent dans le sens des aiguilles d’une montre dans l’Atlantique Nord entre 10° Nord et 40° Nord. Et la branche qui arrive le long des côtes de la Floride aux États-Unis et va vers le Nord, c’est le Gulf Stream. La plus grande partie des masses d’eau portée par le Gulf Stream tourne en continu et revient le long des côtes du Portugal de la Mauritanie, le long de l’Équateur, etc. Uniquement 10 % des masses d’eau portée par le Gulf Stream ne tournent pas mais montent vers le Nord. Ces 10 % là transportent la chaleur autour de l’Islande et autour du Groënland. C’est la dérive nord atlantique qui alimente la circulation méridienne moyenne qui fait la stabilité du climat actuel. C’est de cela dont parlent les Américains. » Problème pour le monde scientifique, cette circulation méridienne n’a, en réalité, ni continuité temporelle, ni spatiale. D’où la contrainte de travailler sur la base de modèles.
La Bretagne peut-elle connaître des hivers aussi rigoureux qu’au Canada ?
La Bretagne ne devrait pas hériter du climat du Canada qui se trouve pourtant sur la même latitude. Pour l’experte française, « les climatosceptiques peuvent se servir de cette étude américaine pour dire que l’Europe va se refroidir. » Mais elle estime que c’est faux. « Le climat futur est, en très grande majorité, lié aux gaz à effet de serre associé à l’activité industrielle humaine. Et dans tous les cas, c’est lui qui gagne. C’est-à-dire que si la circulation méridienne s’arrête, le réchauffement sera moins rapide, mais on n’arrivera certainement pas à un refroidissement. Il est parfaitement impossible de traverser une nouvelle ère glacière avec un niveau de CO2 naturel et ça, c’est le constat scientifique avéré et confirmé au plan mondial. »
Le Gulf stream peut-il disparaître ?
« Dans le Gulf Stream, été comme hiver, c’est l’océan qui réchauffe l’atmosphère. Ces masses d’air, appelées la dérive Nord Atlantique, réchauffent l’air du Royaume-Uni, de la Norvège, de la Scandinavie, du Nord de l’Europe », souligne Julie Deshayes. Tous les vents dominants sont de l’Ouest c’est ainsi qu’on fait des prévisions météos au-delà de cinq jours en regardant la dérive Nord Atlantique. Mais, pour elle, il est caricatural de prétendre que le Gulf Stream ralentit ou peut disparaître. « Il fait partie de la gire océanique. Et tant que la Terre tourne, il continuera donc à se mouvoir. C’est incontestable. »
avatar
Moïsette
Co-Admin
Co-Admin

Nombre de messages : 377
Emploi/loisirs : Retraitée

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum