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«Un politique se remet plus facilement des coups que Monsieur Tout le monde»

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«Un politique se remet plus facilement des coups que Monsieur Tout le monde»

Message par victor le Jeu 6 Nov 2014 - 10:45

«Un politique se remet plus facilement des coups que Monsieur Tout le monde»


INTERVIEW - Impopularité, échec sur l'emploi, couacs… À mi-mandat, en dépit d'un bilan guère réjouissant, François Hollande semble serein. Comment fait-il, comme d'autres avant lui, pour rester optimiste ? Décryptage avec le psychanalyste Jean-Pierre Friedman*.

LE FIGARO. - Malgré une popularité au plus bas, le chef de l'État apparaît toujours aussi inébranlable et décidé à aller jusqu'au bout, après deux ans et demi à l'Élysée. Comment expliquez-vous cette ténacité des responsables politiques même quand plus rien ne va?

Jean-Pierre FRIEDMAN - C'est dû à un phénomène qu'on appelle la «focalisation», autrement dit lorsqu'un individu a décidé de vouer sa vie à un seul but, quand toute son énergie - ce qu'on appelle «libido» en psychologie - est monopolisée par un même objectif. S'il a un minimum de capacités, il se dit qu'il y arrivera quoi qu'il arrive. Tout autre but est subordonné à celui-là. C'est particulièrement visible chez les responsables politiques, où le fait d'atteindre le sommet passe avant tout.

D'où tiennent-ils cette conviction qu'ils y arriveront?

Tout se joue lorsqu'ils sont bébés. Le nourrisson est à la fois narcissique et mégalomane. Narcissique parce qu'il sent qu'on le considère comme le centre du monde. Et mégalomane parce qu'à chaque fois qu'il a par exemple le désir de manger ou de se faire changer, ses parents sont là pour le faire. L'enfant a donc l'impression que c'est lui qui commande.

Vous voulez dire que le narcissisme et la mégalomanie sont deux caractéristiques que l'on retrouve chez les hommes de pouvoir?

Les politiques ont en effet leur propre morale, qui est l'équivalent de celle des bébés. Ils sont persuadés que tout leur est dû et qu'ils ont droit à tout. Ils justifient cela par les efforts considérables qu'ils ont accompli pour atteindre leurs postes. Une femme politique m'a dit un jour: «Si vous saviez le nombre de cadavres que j'ai laissé derrière moi pour être dans ce fauteuil», puis «Mon pire cauchemar sera quand le téléphone ne sonnera plus». C'est symptomatique de ces personnalités qui ont besoin d'être au centre de tout, tout le temps. En psychiatrie, on peut appeler cela un phénomène d'immaturité.

Leur éducation a-t-elle joué un rôle dans cette évolution?

On observe une constante chez ces hommes et ces femmes, démocrates comme dictateurs, de gauche comme de droite, c'est que tous avaient des mères très protectrices. Elles étaient persuadées que leur enfant était le meilleur. Parallèlement, ils ont tous connu un père absent ou pas persuadé des qualités de leur progéniture. Ce dernier était une personne à convaincre. Ainsi, le premier geste de Nicolas Sarkozy lorsqu'il a été nommé ministre du Budget en 1993 a été d'organiser un dîner pour sa famille au ministère. Avec ce geste, il voulait impressionner son père, qui n'avait jamais cru en ses capacités.

Retrouve-t-on les mêmes ressorts psychologiques chez les hommes que les femmes politiques?

Oui, car nous avons tous des personnalités ambivalentes, partagées entre notre part masculine et notre part féminine. Lorsque j'ai étudié les cas des femmes de pouvoir, j'en ai distingué deux sortes: les «amazones» et les «égéries». Ces dernières sont celles qui exercent souvent le plus grand pouvoir, mais dans l'ombre. Elles tirent les ficelles comme Yvonne de Gaulle en son temps. Les «amazones», comme Rachida Dati ou Ségolène Royal, utilisent davantage la partie masculine de leur cerveau. Elles compensent le fait d'être une femme en surjouant la virilité.

Ségolène Royal, François Hollande, Nicolas Sarkozy… Tous ont encaissé de nombreux coups et pourtant ils sont toujours là, au plus haut niveau de l'État ou désireux d'y revenir. Les personnages politiques bénéficient-ils d'une résistance hors du commun?

Un politique se remet plus facilement des coups encaissés que Monsieur Tout le monde. Là où d'autres succomberaient, eux rebondissent d'abord parce qu'ils savent que le peuple oublie tout. Mais aussi parce qu'ils jugent que tous leurs actes sont légitimés par le pouvoir. La morale ordinaire ne s'adresse pas à eux. Le cas de François Hollande, qui ne se laisse pas atteindre par son impopularité, est classique. À son époque, Valéry Giscard d'Estaing interdisait à son entourage de lui montrer les sondages qui lui étaient défavorables pour ne pas entamer sa confiance en lui, un atout majeur. Pour ces hommes, le pouvoir représente la vie et ils sont prêts à risquer la leur et celles des autres pour conquérir le pouvoir et le conserver.

* Jean-Pierre Friedman est l'auteur de Du pouvoir et des femmes et Du pouvoir et des hommes, aux éditions Michalon.

Source : Le Figaro



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